La Taverne du Hollandais Volant

24/01/2010 13:51 par fauchelevent

La Taverne du Hollandais Volant

 

La Guilde des Gardiens de la Mémoire des Contes

24/01/2010 13:48 par fauchelevent

La Guilde des Gardiens de la Mémoire des Contes

La Dynastie de Gorm

01/01/2010 22:24 par fauchelevent

La Dynastie de Gorm :

Gorm le Terrible, alias le Seigneur Loup

Rodéric, Fils de Gorm

Miranda, Maitresse de Rodéric

La Dynastie des Beaumanoir

01/01/2010 21:18 par fauchelevent

La Dynastie des Beaumanoir :

Auguste Beaumanoir, fondateur de la dynastie 


Aurore Beaumanoir, ainée des enfants d'Auguste Beaumanoir


Archibald Beaumanoir, fils ainé d'Auguste Beaumanoir

 

Melchior Beaumanoir, fils d'Auguste Beaumanoir


Hugo Beaumanoir, dernier descendant de la dynastie Beaumanoir


Manuréva Toussaint, Compagne d'Hugo Beaumanoir

 

Employés de la Taverne du Hollandais Volant

01/01/2010 20:14 par fauchelevent

Employés de la Taverne du Hollandais Volant :


Hugo Beaumanoir alias Malicorne

Manuréva Toussaint alias Plume-Lune

Rouge-Gorge

Le Colosse chauve à la boucle d'oreille

Membres de la Guilde des Gardiens de la Mémoire des Contes

01/01/2010 16:19 par fauchelevent

Membres de la Guilde des Gardiens de la Mémoire des Contes :

Baron Romuald Hiéronymus de Münchhausen

Peter Grimm

Nils Andersen

Membres de l'Institut de la Pyramide

01/01/2010 15:36 par fauchelevent

Membres de l'Institut de la Pyramide :

Maria J. Delpiero, directrice

Sarah Mayer, directrice adjointe

Hubert-André Tolkien, astronome

Enquêteurs et Forces de police

01/01/2010 15:30 par fauchelevent

Enquêteurs et Forces de Police :

Inspecteur Nuno Korrigan


Commissaire Sylvain Loisel


Commissaire Principal Robert Malthus

Yann, Eliott et Matthias Arzel

01/01/2010 15:04 par fauchelevent

Yann, Matthias et Eliott Arzel


"- Après ce que nous a appris mon beau-père, je suis un peu inquiet pour l’Institut, Sarah.

- Pourquoi ?

- Imagine un peu que Barthélémy parvienne à remonter la filière jusqu’à nous. Il ne s’embarrassera pas de scrupule pour nous écraser. Et je ne veux pas engager la responsabilité de la Pyramide dans cette voie là. Nous, nous avons l’habitude de prendre ce genre de risque. Mais je ne voudrais pas que les problèmes rejaillissent sur vous. Si l’affaire est ébruitée, il saura immanquablement d’où provient la  fuite.

- J’ai pensé que nous pourrions faire appel aux frères Arzel ! Ils ont l’habitude de se couper totalement de leurs informateurs. Eux, sauront comment s’y prendre avec Barthélémy.

- Ils sont très efficaces, d’après ce que j’ai entendu dire…

- Puisque Barthélémy nous met la pression pour que l’on abandonne, nous allons les prendre à leur propre jeu, lui et tous ceux qui veulent étouffer l’affaire. Le seul moyen serait d’orchestrer une petite fuite. Et les frères Arzel sont très forts à ce jeu là. Si l’on y parvient, les gens seront au courant de ce qui se trame.                                            

     Rares étaient les personnes qui les avaient vus réellement. Au point que certains avaient pu mettre en doute leur existence.  Le jeune inspecteur en savait à peu près autant sur eux que la plupart des gens. Ils étaient trois frères, Yann, Elliot et Matthias Arzel, journalistes de terrain, qui se distinguaient de leurs confrères par une particularité qui les rapprochait tous les trois. C’étaient des triplés. Ils se servaient de cette arme biologique pour mener leurs investigations à haut risque. Craints de leurs adversaires autant que respectés par la profession, malgré quelques jalousies particulières, personne ne pouvait se targuer de les avoir vus une seule fois ensemble. Pour déjouer toute velléité d’attentat sur leurs personnes, ils prenaient grand soin de se déplacer toujours séparément. Si l’un d’eux devait ainsi succomber, il resterait toujours les deux autres frères pour entretenir le flambeau.

  - Tu peux leur faire confiance. Jamais Barthélémy n’arrivera à établir un lien quelconque entre les frères Arzel et nous. Et quand bien même on nous soupçonnerait d’être à l’origine de la fuite, il leur faudrait le prouver. 

 - Compte tenu des dossiers sensibles qu’ils ont eus à traiter,je sais qu’il est devenu très difficile de les contacter.Tu sais comment faire?                                                                                          

- J’ai ce qu’il nous faut !                                                                                                       

  Elle se munit sans attendre de son portable et y installa une sorte de capuchon rond et noir à l’une des extrémités avant de l’allumer.                                                                            

- A quoi ça sert ?                                                                                                                           

- Ça ? C’est l’outil qui va nous permettre d’établir le contact avec eux. Sans cet objet, ce ne serait même pas la peine d’y penser ! Il fait office à la fois de brouilleur et d’émetteur. Tu l’installes, tu composes un numéro et puis après, il n’y a plus qu’à attendre. Le signal va vers un nombre indéfini de téléphones avant qu’il ne finisse par tomber entre les mains des frères Arzel, on ne sait trop comment. Le signal est indétectable sauf par les portables mis à contribution. Il paraît que les personnes sont soigneusement choisies. Enfin toujours est-il que leur système est très efficace et que tous ceux qui ont tenté de le mettre en défaut s’y sont cassé les dents !                                                                                                              

- Ils vont nous contacter par téléphone ?                                                                              

- Je ne pense pas. On risquerait de localiser l’appel. Ils vont certainement s’y prendre d’une autre façon. Je sais qu’ils utilisent souvent les moyens les plus incongrus pour entrer en contact avec leurs clients. Et quelques fois même, ils se servent des nouvelles technologies.

    Un téléphone sonna. Mais ce n’était pas celui de Sarah. Nuno prit la communication pour ne s’attarder que pendant une poignée de secondes. - Il faut que j'aille chez une personne qui a besoin de moi. Tu viens avec moi Sarah ? J'aimerais te la présenter..."

Hugo Beaumanoir alias Malicorne

01/01/2010 15:01 par fauchelevent

Hugo Beaumanoir alias Malicorne


"Sarah interrogea un jeune serveur qui passait par là.

- Excuse moi jeune homme, tu sais où on peut trouver Hugo Beaumanoir ?

- Désolé mam’selle, j‘connais pas...

    Un colosse chauve, une boucle à l’oreille, se mêla à la conversation.

- Excusez le petit. Il est nouveau chez nous. On a pas eu le temps de le mettre au courant de certaines de nos coutumes. Au Hollandais, on a tous des noms de scène. Celui d’Hugo, c’est Malicorne...Tenez, c’est le grand gaillard debout devant le comptoir. Celui qui a les cheveux frisés, vous voyez ?...Hey Malicorne ! Viens voir un peu ici ! On te demande !...

    Hugo Beaumanoir alias Malicorne.

    Un solide et grand gaillard. Petite tête allongée, frisée, vissée sur un corps musculeux. Paupières de cocker s’affaissant sur de petits yeux d’un vert-de-gris identique à celui dont se pare l’océan tumultueux. Un air taciturne lui sortait par ces yeux là pour lui coller à la figure, conditionnant les moindres traits de son expression sur sa peau mate tannée par les embruns et les vents alizés. Et une bouche sévère dont on pouvait se demander si elle avait déjà souri un jour.

    La démarche chaloupée, il traîna la patte jusqu’à eux. Sans mot dire, il les salua d’un discret mouvement de tête.

    Comme une explosion, au milieu de la rumeur ambiante, un tumulte. Suivit une clameur rauque, vive, virile. Virulente.

    Sarah, surprise, sursauta.

- Que se passe t-il ? Une bagarre ?

    Une masse humaine s'agglutinait dans une ronde compacte laissant deviner un pied de table.

    Malicorne détourna ses yeux, des yeux où il y avait toutes les mers du vaste monde, en direction de la zone où s’était déversée la marée humaine.

- Non. Juste une partie de Bérurier.

- Un jeu ?

- Un jeu, oui.

- Et qui consiste en quoi ?

- Un jeu de dame revu et corrigé à la sauce San-Antonio. Il a juste eu l’idée de remplacer les pions par de petits verres de marc brun et blanc. Mais nous on préfère y mettre du rhum pour faire couleur locale. Et puis avec le rhum, au moins, on peut embrayer plusieurs parties d’affilée. Elles durent plus longtemps et les joueurs aussi, alors qu’avec du marc...

- Comment y joue-t-on ?

- C’est très simple : chaque pion pris est un pion bu par celui qui l’a remporté.

    Le rempart humain s'effilochait, et en se clairsemant, les pièces de ce puzzle à échelle humaine constitué d’une table avec ses deux joueurs face-à-face s’affrontant dans une partie éthylique, se recomposait avec la foule autour.

- J’imagine que le plus effondré des deux, celui qui est affalé sur la table, est aussi celui qui mène.

- Vous avez tout compris... C’est Rouge-Gorge, notre champion maison. Il vient d’entamer sa troisième partie d’affilée. S’il la gagne, il devrait normalement finir sous la table.

    Malgré la dérision, Malicorne ne déridait toujours pas.

    L’homme en question, un foulard rouge autour du cou, paraissait au moins aussi entamé que sa partie. 

    Et le jeune inspecteur toujours aussi pressé :

- On peut s’asseoir quelque part ?

    Ce qu’ils firent.

- ...Nous voudrions vous poser quelques questions.

    Le dernier des Beaumanoir fronça les sourcils et durcit le ton.

- Vous êtes journalistes ?...Flics ?

- Je suis inspecteur. Mon assistante et moi, nous enquêtons sur le décès de deux personnes...

    Lui, sur un ton abrupt.

- Et alors ? Que voulez-vous que j’y fasse ?

- Nous ne parvenons pas à comprendre comment cela leur est arrivé, mais vous, vous pourriez­ peut-être nous aider. Nous avons de bonnes raisons de croire qu’un de vos ancêtres a été le seul témoin déclaré dans une affaire similaire à la nôtre. Il s’agit d’Archibald.

    Hugo Beaumanoir prit ombrage à cette dernière remarque.

- J’ai rien à vous dire. Ce qui a pu se passer dans ma famille ne regarde que moi. C’est pas vos affaires. Et puis Archibald buvait trop. Il n’a rien vu. La gnole, ça lui a détraqué le cerveau­. C’est son imagination qui lui a joué des tours. Il a juste eu des hallucinations. Avec l’alcool, ça finit souvent comme ça.

    Une piste.

- Devons nous comprendre que vous savez quelque chose qui pourrait nous intéresser ?

    L’autre s’entêta. Sur un ton cassant et déjà exaspéré.

- Je n’ai rien à vous dire !

    Le ton était ferme, le propos définitif.

- Pourquoi vouloir à tout prix nous cacher ce que vous savez ?

- Ce ne sont pas vos affaires !

    Une phrase cassante qui avait l’allure d’un faux-fuyant, et puis plus rien. Au lieu de la réponse­ attendue, un silence pesant.

    L’inspecteur Korrigan considéra avec gravité la situation. Pas bavard l’animal. Et coriace avec ça. Attitude typique d’un homme qui en dit moins que ce qu’il sait. Encore un qui comptait­ se servir de son silence comme un rempart infranchissable. La partie s’annonçait serrée­.

  Que faire ? Les informations que détenait le dernier rejeton des Beaumanoir peut-être étaient-elles vitales pour eux. Il fallait absolument convaincre ce dur à cuire de se mettre à table. Mais comment ?

    Réfléchir dans l’urgence. Sortir de l’impasse.

    Un moment, les regards embarrassés se croisent, se toisent, n’osent s’affronter. C’est à peine­ s’ils s'effleurent du bout des yeux. Baignant dans une moite torpeur, l'îlot de vacuité sonore­ confiné à l’espace de la table et de ses trois occupants déchire le vacarme exubérant où viennent se vautrer dans un abîme de sensations les passions humaines déchaînées par l’alcool.

    A l’intérieur du crâne de chacun des deux visiteurs, les ordinateurs à neurones se mettent en branle...

    Réfléchir dans l’urgence pour sortir de l’impasse.

    Cogiter fissa. Agir. Convaincre.

    Deux regards convergent enfin. Après le contact, chacun s'immisce et s’enfouit profondément­ dans les pensées de l’autre.

    Le jeune inspecteur rompit le silence le premier :

- Monsieur Beaumanoir, si vous refusez de coopérer, je me verrai dans l’obligation de v...

    Discret coup de pied dans ses tibias. Le pied de Sarah cogna. Façon de dire : «mauvaise méthode».

    Elle en profita pour prendre la relève.

- Monsieur Beaumanoir, nous sommes au courant des péripéties vécues par votre aïeul.  Nous comprenons vos réticences. Nous savons qu’à l’époque où se sont déroulés les faits, personne­ n’a voulu croire à son témoignage. Et pourtant nous sommes en mesure aujourd’hui de prouver que ce qu’il a dit avoir vu a bel et bien eu lieu ! Monsieur Beaumanoir, Archibald avait raison ! Il avait raison ! Il n’a pas fabulé ! Il n’a pas été non plus victime   d’hallucination ! Ce qu’il a dit avoir vu était bien réel ! Réel, vous comprenez ? Il y a quelques jours, le même phénomène s’est reproduit et deux personnes en sont mortes. Le problème c’est que nous ne comprenons pas ce qui a pu provoquer ce vieillissement soudain. Archibald, lui, a tout vu. Alors si vous en savez quelque chose, n’importe quoi, même s’il s’agit d’un détail, aidez nous ! Aidez-nous avant qu’il n’y ait de nouvelles victimes. Dites nous ce qu’Archibald a vu !

    Etait-ce parce que les supplications de Sarah avaient réussi à l’ébranler ? Etait-ce pour une autre raison, obscure celle-là ? Une chose était sûre : contre toute attente, Hugo Beaumanoir, si inflexible, si ombrageux au départ, fut en proie à la plus soudaine, à la plus vive des émotions. Cette force de la nature changea de figure. Un bouleversement se produisit sur son visage, qui lui remodela les traits.

    Il marmonna :

- Mille tonnerres !!...

    Il récupéra un peu de ses esprits.

- OK, je veux bien vous dire tout ce que vous voudrez. Mais en échange, garantissez moi que vous m’aiderez vous aussi.

- De quelle façon ?

- Aidez-moi à rendre son honneur à la mémoire d’Archibald.

-...

- Je ne peux rien vous dire ici. J’ai pas envie que tout le Hollandais sache ce que j’ai à vous dire. Quand j’aurai fini mon service, je vous emmènerai voir quelque chose qui pourrait vous intéresser..."